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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 15:56

Salut

Il y a quelques semaines pour le premier numéro de WOW, j'ai fait une interview d'Anouschka, la grande dame du vintage.
 
Pour ceux qui n'ont pas eu l'occasion de la lire et parce que j'ai pris un réel plaisir à la faire, j'ai eu envie de la remettre sur mon blog.

Que le spectacle commence...


Anouschka, c’était LA personne que je voulais pour le 1er numéro. Personne d’autre. Le 1er numéro, la première fois, ma première vraie interview, le premier contact, la première robe… le premier bal… le bal des débutantes… Comment ne pas parler des références, de ces chers créateurs, de l’histoire… du vintage avec la prêtresse de la mode, la muse, l’inspiratrice, celle qui est à l’origine… Anouschka !

 
Quelques jours avant l’interview, je cherche à joindre Anouschka. Absente. Bouhh…
Dring. Anouschka herself me rappelle pour accepter, partante et plus que charmante. Ô joie !
Quelques mots et je la sais adorable et rayonnante.
Quelques phrases et je sais déjà combien je vais me régaler avec cette rencontre…


Anouschka & les histoires

Anouschka est la 1ere à avoir conserver les choses pour ancrer les collections dans leur époque. Elle est capable de dire pourquoi elle a acheté chaque pièce.

Dans les 80’s, alors qu’elle était encore mannequin, elle s’est prise de passion pour les pièces de créateurs et les puces de Clignancourt. Elle y a rapidement trouvé un associé, et a commencé à vendre des pièces uniques. Au fur et à mesure, elle a ancré ces pièces dans l’histoire, dans une histoire et chaque pièce est venue compléter la collection, et alimenter l’histoire.

C’est ça Anouschka, ce n’est pas juste un entrepôt de pièces-phares de designers, mais une sélection rigoureuse, amoureuse, dans l’idée d’instaurer un dialogue entre les pièces. Avec ses merveilles, elle est capable de recréer une collection, comme avec ces sublimes robes d’YSL… Si vous aviez vu !

Anouschka la passionnée

Son activité est née de sa passion. Elle dit elle-même son rôle difficile à définir car dans le domaine de l’immatériel. Si elle n’y voit pas de sens réel, ce flou lui convient parfaitement, elle tient à rester confidentielle.
Cette aura quasi mystérieuse lui confère ce statut de muse, d’inspiratrice, car c’est bien ça qu’elle est, mais sur la base d’un énorme travail, d’une montagne de savoir.
Anouschka est assise à la droite du père, soyons raisonnables, du chef d’orchestre, et lui offre un regard neuf, spontané, un regard extérieur et connaisseur.
Elle se qualifie modestement de super assistant du Directeur artistique ! Moi, je répète, muse… Une pasionaria de la création ?

Le temple d’Anouschka

Le showroom d’Anouschka existe maintenant depuis 25 ans, alors vous imaginez la quantité de pièces accumulées au fil des années ?!
En plus de ce grand appartement dans le 2ème arrondissement, 3 autres lieux de conservation accueillent ces merveilles. Le showroom est un ensemble de 4 grandes pièces avec des portants du sol au plafond.

Des portants de robes 50-60’s par là, des murs de chaussures par ici, les costumes pour homme encore là-bas, un plateau de lunettes en écaille ici, des vestes de moto, … Ah, un portant de robe YSL, ici des pièces Dior, là que des manteaux, …
Tout est classé et référencé sur catalogue. Chaque saison, ils trient, rangent, déplacent certaines pièces et en ressortent d’autres.
Vous passez à peine la porte de l’appartement et des merveilles sorties des portants vous sautent aux yeux, des styles, des époques différentes et pourtant une harmonie indiscutable.

Anouschka & ses merveilles

Ce jour là, j’ai été accueillie par Margie, 20 ans de collaboration avec Anouschka, puis par Bertrand qui me fera visiter le showroom. Bertrand travaille là depuis 6 ans, c'est un passionné de mode. Intarissable sur l’histoire des couturiers aussi bien que sur le détail de chaque modèle, les poches, les volumes, les matières, il s’enthousiasme à chaque évocation.
Là, c’est un festival de merveilles commentées par Bertrand !!!

 

Cette sublime robe blanche, longue, de Guy Laroche présentée à l’époque en entrée du spécial robe de l’officiel…

Une veste en paon, véritable travail de couture, cadeau de Tom Ford, avec qui Anouschka a beaucoup travaillé.

Une robe rouge et noire de Nina Ricci fait pour le magazine Elle par Nina Ricci. C’était la première fois que la boutique Elle faisait appel à un couturier. Robe, fichu, ceinture, tout y est. Extrêmement travaillé.

Des vestes de l’armée aussi, des blousons de moto avec des découpes incroyables.

Une robe Paco Rabanne en pièces martelées de 71.

Une sublime veste bleu marine gansée noire, 2eme collection de Lagerfeld pour Chanel. Tous les thèmes chers à Chanel sont repris et en même temps, un travail sur les basques, ce cintré, ces poches… Une pièce emblématique !

Un manteau yeti vert émeraude, Miss Dior, 2ème ligne de Dior, beaucoup plus trendy, que Dior à l’époque.

Cette veste à épaule pagode de Madame Gres des 80’s, on pense toujours à Mugler pour ces incroyables épaules, mais Madame Grès aussi en a fait !

Et puis des pochettes Hermès, des Kelly magnifiquement vintage.

Et enfin, ce manteau en poil de singe noir monté à l’envers, un ovni.
Et puis sur un buste, une robe Dior par Monsieur Dior qui discute avec une incroyable cape plissée Alexander McQueen pour Givenchy.

C’est sans fin....

Le showroom d’Anouschka n’est pas une parfaite collection de vêtements de créateurs. Ici, ce n’est pas la marque pour la marque. C’est le coté inattendu, original qui fait la pièce. C’est le talent, mêle si souvent griffé, qui fait la pièce. Aussi, il y a des pièces pour la matière, les motifs, des jeux de rayures, les types de maille suivant les années… 
En revanche, oubliez les couturiers contemporains, le showroom s’arrêtent à Alaia, Montana,… avec les 80’s.

Anouschka & les clients

Beaucoup de designers viennent s’inspirer ou travaillent avec Anouschka et son équipe pour leur collection. Si elle a développé de grandes amitiés , les relations de travail sont très pro, l’idée est de se raconter des histoires, partager des images qui les emmènent sur les chemins de la création.
Et puis, il y a les clients à titre personnel, beaucoup d’actrices. Quant on voit le « revival » du plaisir vintage sur les personnalités les plus en vue, on comprend que la demande doit être de plus en plus forte.

Cependant, ne rêvez pas, le lieu ne se prête pas à recevoir comme le ferait une boutique, le showroom ne peut qu’accueillir au compte goutte.
Il y a aussi les expositions qui font appel au showroom d’Anouschka. Dernièrement, ce fut une exposition à St Petersburg pour Chanel. Et cette année au printemps, ce sera une expo sous la houlette de Florence Muller.

Le tourbillon des « fashion week »

Ce jour de février, ils ont la gentillesse de me recevoir alors que c’est la pleine période de rush : le mois des défilés et du salon première vision.

Les designers viennent prendre des modèles. Les shows américains, italiens sont passés alors ils débarquent en troupe pour de nouvelles pièces. Et les collections à Paris incitent les fashionistas à chercher des pièces bien spéciales.

Le rush, c’est jongler avec le quotidien et avec un concentré de beaucoup de monde en très peu de temps. C’est aller à première vision, faire des sauts à NY, Milan, Londres, recevoir qui il se doit venu spécialement pour quelques jours, …

 

Anoushka & Paris

Pendant sa carrière, Anouschka a touché a bien des domaines: film, pub, photo,...Elle a aussi eu la bougeotte:  3 ans autour du monde, 2 ans passés à Bali, …  et aujourd’hui Paris, sa ville. Si elle adore l’énergie de NY ou l’Italie, Paris est la seule où elle souhaite vivre.

 

Anouschka & son fétiche

Son créateur favori ? Sans hésitation, la réponse fuse, et même est récurrente à toute notre rencontre… Margiela ! Là évidemment, je ne peux qu’écouter religieusement… Oui, car aimer Margiela c’est un peu entrer en religion, et comme elle, je suis très pratiquante !

Même depuis son partenariat avec Diesel, il reste intact. Au contraire, elle y voit une bouffée d’oxygène, plus de moyen dans le choix des tissus, les finitions, le tombé. Les financiers seraient devenus quasi incontournables, le contraire serait un idéalisme forcené… et pourtant, elle n’est pas prête à faire ce compromis, même si c’est serré, compliqué.

Cependant, c’est avec autant de plaisir qu’elle travaille sur des choses qui ne lui correspondent pas. Si elle déteste les petites robes, elle adore les gens qui font des petites robes, car « on est super concentré. C’est très abstrait. On peut même s’y projeter alors qu’on ne correspond pas forcément à la femme de ce créateur-là. »

Anouschka & l’air du temps

Dans les secret de ce showroom, on y retrouve un tas de robe qui rappelle cet été : manche kimono, les fleurs, les robes très longues. Cette robe YSL fleurie des 70’s ou encore celle là des 80’s avec étoiles et volants, en plein dans l’été 08 non ?
Et cette sur-robe en tapisserie Biba très longue, la tendance de l’été 09 ? L’air du temps serait par là ?

L’air du temps serait une interprétation d’idées autour du corps, des interprétations différentes, plus sensibles à des phénomènes d’époque, de mode, d’envie. Tout à coup, on perçoit des choses imperceptibles, c’est pour cela qu’on a soudainement envie d’un keffieh, par exemple. Ce n’est pas vraiment un diktat, c’est se réapproprier d’une autre façon et c’est en ça que c’est important.

L’épaule pagode de Margiela, même si elle a été achetée par quelques personnes, on ne la voit pas dans la rue… Toutes ces petites choses qu’elle trouve fascinante.

Il n’y a que la rue qui décide. La mode ne vient pas de la rue, mais c’est la rue qui l’adopte ou non. C’est une espèce de grande digestion.


Bon, et pour finir, la rue ne se tromperait jamais ?? Euhh, là, elle me dit qu’elle déteste le fascisme, chacun ses goûts ! Et puis si on va à Londres, on peut tout se permettre… sauf… Sauf, quoi ???!

« Ah si un truc, le trop lycra, ça je déteste. Trop serré, trop lycra, pas possible, ça dérange un peu mes yeux. Les femmes ne se voient pas de dos ! On a envie de leur dire, mais non, une chemise blanche ! ».

Et sur cette revendication, je lui fais remarquer que je la retiens alors que son showroom la demande à corps et à cri.. Définitivement indispensable, incroyablement disponible, volontairement confidentielle ! Chuut, ne dites pas que je vous ai raconté tout ça, ça pourrait se savoir….

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commentaires

Material girl 04/04/2008 19:20

Tendergirl : oulala, j'ai chaud aux joues... tu vois , j'ai meme réécrit avec des comments pareils!!

Pierre-Jean : J'espère bien!! Ca va être bien cool et intéressant....

Fanette : Si tu savais à quelle point tu as envie de rester des heures à fouiller!!

fanette 03/04/2008 10:45

Merci pour cet article. Je ne connaissais pas. c'est la vrai classe, ça. j'aime les choses anciennes. Même les fringues. Le qui a déjà vécu. J'aime beaucoup.

Pierre-Jean 02/04/2008 13:35

Je pense que nous verrons au festival à Hyères, c'est sympa. @ +++

tendergirl 31/03/2008 08:44

Je vais sans doute me répéter...mais comme à ton habitude , article excellent, tout est si bien dit et écrit!!

Material girl 29/03/2008 13:37

Miss Phit : Coucou! Non no pas anorexique, la photo ne lui rend pas justice! Elle est juste très mince!

Danielle : Je vais y faire un saut de ce pas!

Pierre-Jean : C'est l'aura de la profession, ça! Ca impressionne, hein?!

Anne : Pfff, moi aussi le meme dressing, en même temsp faut l'appart qui va avec. Ca se complique....