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14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 19:14
Salut mes colombes,
 
0811819973-norm.jpgCe matin, je remet mes méninges en route, au passage je lis le fashionmag, et que vois je ?!
Marc audibet qui avait été recruté pour la direction artistique de la maison Madeleine Vionnet jette l’éponge après moins d’un an… après Sophia Kokosalaki, la créatrice grecque, qui avait, elle, quitté la griffe après à peine 2 ans après son arrivée.
 
Tout ceci me fait donc cogiter sur la polémique ou plutôt problématique autour de la relance des marques éteintes ou en voie de...
 
Question : est ce qu’une marque iconique qui a fait avancer la mode, qui est une référence incontournable, doit absolument revivre ? Est-ce une bonne idée ?
Et conséquence logique de ce questionnement : est ce que le créateur parti/décédé doit être impérativement remplacé ? Une marque  n’est t-elle pas amenée à s’éteindre avec son créateur ou à la fin d’un cycle de vie ? Ou une marque, donc avec un univers bien défini, peut-elle se renouveler infiniment ?
N’est il pas plus intéressant, réaliste, créatif de laisser la place à de nouvelles marques avec un créateur porteur de nouvelles énergies, d’un nouveau souffle ?
Toutes ces questions se posent avec les péripéties de la maison Madeleine Vionnet….
Bien sûr, il y a les exemples de Dior ou Yves Saint Laurent, mais….
 
00025dyp.jpgAvant d’en dire plus, qui est Madeleine Vionnet ?
Madeleine Vionnet (1876 - 1975), c’est LA référence absolue dans le milieu de la mode et de la création.
La Maison de couture Vionnet a été fondée à Paris en 1912 puis à New York en 1924.
Si on reprends l’histoire de la mode, il y a eu différent virage, choc, évolution, style, innovation…
Worth, le précurseur, a créé le concept du couturier
Doucet, l’initiateur
Jeanne Lanvin la 1ere à habiller à la fois femmes, hommes et enfants (l'emblème LANVIN, représentant Jeanne et sa fille Marguerite)
Poiret, l’audacieux, a libéré des corsets, puis s’est perdu dans ses chimères
Schiaparelli,l'inventrice du "rose shocking".
Chanel avec sa feme indépendante
St Laurent avec sa femme libérée
etc…
…. mais à Madeleine, on lui prête, en vrac... l’apogée de la haute couture, comme étant l'une des trois grands couturiers du siècle dernier, une vraie innovatrice, un génie technique, la plus grande, la seule…..
Nombre des couturiers se disent profondément influencés par Madeleine Vionnet, elle serait l'un des plus grands couturiers français et comme celui qui a le plus influencé la mode du XXe siècle.
Voici présentée la reine du Drapé, dites son nom dans le milieu de la mode, tout le monde s’incline. Sophia Kokosalaki, spécialisée dans les drapés et autres plissages fut ainsi un choix de filiation naturelle. C’est l'inventrice de la coupe en biais et du drapé car fascinée par Isadora Duncan et ses formes libres. Plus que des robes, ses créations deviennent de véritables architectures à draper selon un rituel de gestes précis.
Inovatrice dans la mode, elle l’est aussi socialement, elle organise ses ateliers de couture en mettant des chaises pour les ouvrières à la place des tabourets, crée un réfectoire, une crèche, et emploie un médecin et un dentiste à demeure. Elle va même leur offrir des vacances, bien avant la loi sur les congés payés.
1940, la maison Vionnet est mise en liquidation à l'hôtel Drouot. Tout le monde est licencié.
Suite à la fermeture de ses portes, la maison Vionnet ne vit plus pendant près de 60 ans. Au départ une relance d’un parfum, puis d’accessoires, 10 ans plus tard la couture revivra avec l’aide de Sophia Kokosalaki … mais jusqu’à quand avec ce dernier départ de Marc Audibet ?
 
Alors pourquoi cette maison si renommée avec un tel passif ne pourrait pas revivre de belles années avec l’énergie, le nouveau souffle d’un créateur inspiré ??
 
Et bien il semble que ce ne soit pas si simple
Aujourd’hui on est dans un rapport entre créateurs et financiers. Il n’y a pas de collection réussie semble-t-il sans couturier encouragé par le PDG (excellent article sur le sujet et surtout blog incontrurnable d’érudition mode : Poirette, .. je viens juste de le découvrir !)

Le communiqué du fashionmag indique : «
 Le styliste de la maison de prêt-à porter de luxe Vionnet, Marc Audibet, a annoncé vendredi 11 janvier qu'il quittait la griffe en raison de "l'incapacité" de sa direction à assurer "les conditions matérielles et financières indispensables" à la réalisation des collections… Marc Audibet a précisé avoir "vécu six mois quasiment en dépôt de bilan permanent" de la maison Vionnet. »
 
Les contre-exemples de toutes ces questions peuvent paraitre nombreux, à commencer par Dior, YSL, Chanel,… et plus dernièrement Balenciaga avec une incroyable réinterprétation des codes et de l’héritage par Ghesquière.
Mais combien d’années cela peut-il durer ? peut-on utiliser indéfiniment un héritage ou ces nouveaux créateurs ne participent pas en fait à la création de nouveaux codes ?
 
Les années 90 ont célébré l’ère du fameux couple créateur / PDG. Ne sommes nous pas en train de changer d’ère/air ?
Dans les quelques années à venir, une flopée de créateurs « (pré)historiques » sont amenés à être remplacés : Rykiel, etc… Les Galliano, JPG, et même Marc Jacobs feront figure de dinosaure, fashion dinosaure, mais dinosaure tout de même !
Quel sera le poids des groupes financiers à force de tirer à tout crin sur le marketing, parfois au détriment de la création ?
Quel sera alors le visage de la création ? Des marques de mode ?
 
Enfin, un dernier point, j’ose imaginer que les années à venir vont célébrer un retour à plus de sens. Pas moins de consumérisme, mais un consumérisme réfléchi, assumé. Nous sommes à la fois de plus en plus individualistes, on se protège, et en même temps c’est en protégeant son entourage, son environnement qu’on vivra mieux. Nous entrons alors dans une véritable quête de sens, qui pourra peut-être contrer le poids des masses, des grands groupes, du mercantilisme au profit de plus de création, d’artisanat, de beau, de personnalisation,….
Et la création sera forte….
 
On doit que la France n’est plus dans le savoir-faire, c’est déjà dépassé, mais dans le savoir-faire rêver…
Et moi, je rêve….
Et vous,mes anges, qu’en pensez vous ? Et qu’est ce qui vous fait envie ? A quoi rêver vous ?

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commentaires

Material Girl 01/02/2008 10:15

Rau : Merci de m'avoir mise cette interview, je l'avais vu chez Poirette et pas eu le temps de la lire. Marc Audibet a une vision incroyablement intéressante du monde de la mode. J'apprécie particulièrement son point de vue sur la question de remettre les couturiers en place dans leur époque et ce qu'ils ont apporté en fonction de la société dans laquelle ils vivaient. Tout comme, bien sur, le rapport entre la France des couturiers et les financiers. Merci c'était passionnant, et ça me fait penser que j'aime tj bcp les interview de "Magazine", il faut que je me débrouille pour avoir plus régulièrement les numéros...

Rau 30/01/2008 23:25

Marc Audibet

"Créateur culte Marc Audibet a marqué l'histoire de la mode des années 80 en développant une mode exigeante et visionnaire, ayant mis au point des tissus extensibles , il élargit la notion d'élasticité, habituellement réservé au jersey, à des tissages classiques comme le lin, la mousseline ou encore le satin. Ses recherches textiles lui permirent de décliner des vêtements sans fermetures, ni boutons, s'enfilant comme des t-shirts. L'aventure n'aura qu'un temps mais l'influence de Marc Audibet sera grande."

- Qu'est-ce qui vous a amené à créer votre griffe dans les années 80 ?
- Cela faisait plusieurs années déjà que j'exerçais ce métier, chez Cerruti notamment, et j'étais fatigué de la répétition des mêmes thématiques. On était toujours dans cette démarche du revival qu'avait lancée St Laurent dix ans plus tôt. Je voyais un décalage s'installer entre la rue, où les vêtements de sport commençaient à prendre de plus en plus d'importance, et les podiums. A l'époque, au début des années 80, les gens détournaient les anoraks de ski en ville, il n'y avait rien de cela dans les collections de mode. Les tenues de danse me semblaint plus modernes que bien des propositions de créateurs…

- L'idée, c'était d'échapper au système des tendances ?
- Oui, je souhaitais traiter le vêtement comme un objet de design et non plus dans une optique de renouvellement permanent destiné à soutenir la consommation. Le système me semble essoufflé ; il y a toujours cette obligation de faire un semblant de révolution tous les six mois. Or, on ne révolutionne pas le vêtement non-stop. Les cycles sont plus longs. Une saison, c'est trop rapide pour mener de vraies recherches de fond. Aujourd'hui tout s'est encore accéléré, c'est la course au renouvellement permanent — Pré-collection, collection, croisière… Cette démultiplication des offres fait que les gens qui travaillent, des fabricants de tissus aux modélistes, n'ont plus le temps de rien. Tout est devenu plus rapide, mais on se demande pourquoi.

- Dans les années 80, vous misez des recherches textiles pour votre propre ligne…
- Tout a commencé dans les années 20-30 avec le tulle, qui est un jersey, pour les gaines, afin d'aplatir les seins et les hanches. C'est une matière peu élastique, alors utilisée pour la contention. Puis ce furent, après-guerre, les premiers maillots de bain en fibre Polyester. Quelques vêtement de ski aussi… Dans les années 70, il y a l'arrivée du Lycra, mais toujours associé à des jerseys, décliné dans des tenues de sport. Dans les années 80, j'ai fait glisser le Lycra vers des matières tissées pour des tenues de ville. Mais je ne voudrais pas passer pour un raseur hyper technique. Ma démarche était tout autant motivée par des fantasmes ; j'ai toujours été attiré par l'image, nourri de références hollywoodiennes. Pour remodeler sa ligne, Marlène Dietrich portait sous ses tenues de scène des sortes de justaucorps en tulle chair cousus par des fils de caoutchouc. Ces « secondes peau » réalisées dans les ateliers de Balmain ont trouvé écho dans mon imaginaire.

- Pourriez-vous aujourd'hui mener ces mêmes recherches de textiles ?
- Je ne pense pas. Le sytème permet de moins en moins d'expérimentations. Il y a moins de budgets pour la prospection chez les filateurs. Il y a aussi simplement de moins en moins de fabricants. Je vois bien pour les collections que je dessine à droite à gauche les difficultés énormes pour obtenir une couleur spéciale, des métrages en temps et en heure. Alors, étudier de nouveaux tissus, vous n'y pensez pas !

- En vingt ans, trouvez-vous que les systèmes de la mode aient beaucoup évolué ?
- La mode n'a pas changé dans ses fonctionnements. C'est même encore plus caricatural ! On est tombé dans ce que Baudrillard appelait l'hyper-réalité. Telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui, la mode relève du virtuel. On construit des univers fantasmagoriques globaux déclinés en de très petits éléments – sacs, souliers, lunettes solaires – pour alimenter la consommation. Mais la mode n'est plus une réalité en soi. Il s'agit de projections subjectives au travers d'images, celles des défilés, celle de la presse. Les vêtements présentés sur les podiums n'ont pas pour finalité d'être portés ; ils accessoirisent les accessoires.

- Vous étiez dans une démarche de moderniste, en pleine période post-moderne…
- Oui, parce que d'après moi la modernité n'a jamais eu lieu en mode. Dans la littérature, la peinture, l'architecture, ça a été la révolution permanente entre 1890 et 1930. Je ne suis pas sûr que la mode soit vraiment compatible avec l'idée de modernité. Je ne sais pas…

- Etrangement, votre travail trouve écho, vingt ans plus tard dans les co-brandings entre Adidas et Yohji Yamamoto, ou encore Stella Mc Cartney. Voire même les collections Nike Women. Techniquement et stylistiquement parlant.
- Au fond, la démarche s'est faite à l'inverse de ce que je proposais : ce ne sont plus les gens de la mode qui s'emparent du sport, mais les industriels du sport qui intègrent la mode à leurs logiques. Aujourd'hui, le sport est avant tout une réalité esthétique.

- Vous restez une sorte de puriste du vêtement…
- J'ai appris ça à travers la couture et j'y reste très attaché. Il est de bon ton de parler de la mode comme d'un art, mais il y a avant tout un art de la mode, et il réside dans la technique. Mes héros, ce sont Madelaine Vionnet, Paul Poiret, Cristobal Balenciaga, Coco Chanel et Claire Mc Cardell – pionnière du sportswear américain. J'ai aussi un faible pour Mario Fortuny. Ce sont les plus importants du point de vue de la création parce qu'ils ont questionné le vêtement dans ses structures mêmes. Quand j'ai crée ma marque en 1984, ce qui m'intéressait – très prétentieusement au fond – c'était de faire un acte de création. Une de mes erreurs a été de ne pas comprendre que la mode repose sur des histoires de tendances. Ces tendances intéressent plus les médias qu'elles ne créent de nouvelles propositions vestimentaires. Lors'qu'un designer propose une recherche personnelle, elle n'est pas comprise. Mais si son idée est copiée, ou qu'ils sont deux à travailler dans la même direction, on appelle cela une tendance. La presse s'y intéresse alors…

- Pourquoi cet attachement à la technique ?
- Je suis passionné par la coupe, l'équilibre du vêtement. La structure même d'une pièce incite la personne qui la porte à une attitude différente. Prenez l'exemple des poches : si vous les placez basses, sur un pantalon, une veste ou une jupe, l'attitude sera nonchalante. Hautes, la femme va se tenir beaucoup plus droite – cela mettra ses seins en valeur – le look est plus hiératique. Cela détermine un représentation cool ou théâtrale du corps.

- Vous avez une haute idée de la création…
- Au fond j'ai cru à un espèce de rôle prophétique du designer. Vionnet, reine du biais, Dior super-ovni. Aujourd'hui, je suis plus nuancé sur cette mythologie des créateurs. La liberté du corps attribuée à Chanel ou Vionnet a certes été très intéressantes, mais elle s'est faite à l'intérieur d'une révolution sociale et politique. La guerre de 14-18 a sans aucun doute été plus importante pour la libération des femmes que les tenues en jersey de Chanel. Qui plus est, le jersey n'a pas été inventé par Mademoiselle Chanel. Il y avait déjà des tailleurs en jersey vers 1880, et pas uniquement le sport, pour des tenues de ville. S'il est vrai que la mode représente plus que tout autre domaine l'esprit d'une épque, elle demeure tout au plus un catalyseur.

- Votre regard a changé ?
- Tout est justement question de regard. Si on pense technique, Cristobal Balenciaga est le plus grand couturier des années 60, si on se place sous un angle social, c'est André Courrèges, parce qu'il a su traduire les revendications de la jeunesse – la jeunesse, c'est la grande affaire des années 60. Quand on regarde la structure d'un vêtement Courrèges, c'est un vêtement Balenciaga – il fut d'ailleurs son assistant. Courrèges a juste raccourci les jupes et fait sauter les mannequins en l'air. La mode se joue autant dans sa représentation que dans l'art du vêtement.

- C'est quoi pour vous un créateur de mode ?
- Cristobal Balenciag aimait dire : « Un bon couturier doit être : architecte pour les plans, sculpteur pour la forme, peintre pour la couleur, musicien pour l'harmonie et philosophe pour la mesure. » Aujourd'hui il faut être designer, couturier et styliste.

- Qu'est-ce qui a le plus évolué ces vingt dernières années ?
- Le rapport au corps. Le corps doit être jeune, rester jeune. C'est le principal sujet de la mode, ce n'est plus le vêtement qui compte mais le corps. Il faut donc toujours dévoiler un ventre nu, un décolleté… L'obsession, c'est de rendre ce corps désirable ou désirant – car après tout il s'agit surtout du désir de soi. Les femmes développent un rapport névrotique avec leur apparence, et comme on ne peut pas passer sur le billard au moindre nouveau pli…

- Et dans le métier ?
- La création des grands groupes de luxe, bien sûr ! Bernard Arnault a replacé le centre de la mode de l'Italie vers Paris. Il a fait revenir ce qu'on appelle la créativité à Paris. Etant un financier – un grand créateur financier d'ailleurs -, il a misé sur des créateurs jouant la carte de la performance. On est entouré d'as de la représentation médiatique ! Il est évident que la recherche de création vestimentaire n'est pas une priorité… Mais aujourd'hui, quand on parle de mode, tout est très confondu entre création médiatique, vestimentaire et financière. Ces données vivent ensemble. Mieux vaut donc ne pas être trop puriste… A lire la presse, ce sont d'ailleurs les grands groupes qui ont les plus grands stylistes. Le génie d'un directeur artistique se juge à la puissance du groupe pour lequel il travaille. Peu de gens passent à travers les mailles du filet. Il y a certes quelques Japonais – mais ils sont là depuis 25 ans, et on ne va pas déboulonner les dernières idoles rescapées des années 80. Reste aussi Martin Margiela, encore qu'il ait été racheté par un groupe très puissant.

- Prada, Trussardi, Hermès, Ferragamo…, vous avez travaillé pour une flopée de grandes maisons…
- Oui, je suis un nègre. J'ai besoin de vivre comme tout le monde. Quand on travaille pour des maisons, la démarche est ambiguë : on prend une distance – ce n'est pas vous qui êtes en première ligne, c'est une marque. Ce détachement vous permet d'élucubrer plus facilement sur des thèmes connus. On répond aux attentes, sans les tâtonnements de la création. Et parfois, le résultat est presque meilleur, enfin plus facile.

- Vous étiez le coach de Miuccia Prada à ses débuts dans le prêt-à-porter, vers 92-96.
- J'étais son prof, pour la mode. Ma connaissance du monde industriel italien et de la couture française m'a permis de créer des passerelles, d'élaborer le système Prada. J'ai toujours dessiné les collections comme des scripts de cinéma. Miuccia travaille toujours dans cette optique.

- C'était une bonne élève ?
- Miuccia est une femme de grand goût. J'ai toujours eu beaucoup de tendresse pour les Prada. Par une espèce de détachement presque aristocratique, Miuccia ne se posait jamais la question de savoir si ses collections allaient marcher ou pas. Elle pouvait se permettre ce luxe, car les petits sacs se vendaient très bien. Patrizio Bertelli avait su développer les lignes et les licences autorisant cette liberté. On ne peut pas parler de Prada sans parler de Bertelli.

- Quel regard portez-vous sur son évolution ?
- Prada reste le leader absolu de la mode italienne. Qui plus est, la marque est très différente des autres créateurs transalpins. Son pseudo intellectualisme détonne dans un pays où l'on ne voit défiler que des bimbos. De mon temps, il y avait une certaine sobriété. Quand on regarde les dernières collections Prada, l'image n'est plus la même. On est passé d'une mode très minimaliste, très basique – mais très élégante – à quelque chose de plus compliqué, de plus décoratif. Le renouvellement est très intelligent. Mais au niveau de la structure des vêtements, elle retravaille toujours sur mes bases.

- Vous pensez à relancer votre marque ?
- Oui et je n'ai pas tellement d'autres alternatives, car le monde de la mode est dirigé par des gens entre 50 et 60 ans qui ne jurent – officiellement – que par des stylistes de 25-30 ans. Et comme j'ai plus l'âge des PDG que celui des designers, je trouve difficilement ma place dans le système actuel.

- Reste à trouver un financier…
- Et cela a toujours été compliqué. Les producteurs italiens ne financent que des créateurs italiens – jusqu'à preuve du contraire, les dernières griffes lancées c'est Alessandro Del Aqua et Giambattista Valli. Vous ne trouverez pas un japonais, un anglais ou un français financé par des industriels italiens. Les financiers, de quelque nationalité qu'ils soient ne s'intéressent pas vraiment à la mode, sauf pour faire émerger leurs propres designers. Les russes s'y mettent, les chinois ne vont pas tarder, dans la mesure où ils envisagent tous la mode comme une vitrine nationale. C'est une logique de communication.`

- Et pourquoi pas des financiers français ?
- Faisant très naturellement de la mode depuis 300 ans, les français ont mis beaucoup de temps à comprendre son importance. Il a fallu les années 2000, l'arrivée d'un Bernard Arnault pour voir des investisseurs. Mais rarement sur des développements de nouvelles griffes, plus dans des relances de vieilles maisons.

- Qu'est-ce qui vous intéresse le plus dans la mode actuelle ?
- Le sport, les chaussures de sport.

- La nouvelle génération de talents comme Nicolas Ghesquière vous interpelle-t-elle ?
- Oui, bien sûr, ça m'intéresse toujours de regarder ce qu'ils font. Même si j'ai parfois un œil très critique, je suis toujours émerveillé, car je sais qu'ils font un métier très difficile. Des gens qui, comme Nicolas Ghesquière, ont le courage de défendre une ligne de conduite, c'est plus qu'intéressant : c'est glorieux ! Ses relectures des pièces de Cristobal Balenciaga tiennent de l'historicisme ; il donne à voir ce que les gens attendent, c'est très malin. Mais, le plus important, c'est que les vêtements redéfinissent la silhouette féminine. Elle est ronde, alors que les dernières années le corps était carré. D'un point de vue esthétique, c'est une bouffée d'air frais.

Material Girl 18/01/2008 11:48

Poirette / Marlène : Dis donc , ton (sur)nom c'est en référence à ta volonté de finir clocharde ou c'est un truc qui m'échappe??! Pour ton comment, j'ai dit à Frieda (http://pastropvitenonplus.hautetfort.com/) qui fait un débrief des comments sur les blogs, de reprendre le tien tellement qu'il est beau!
Pour un café, avec grand plaisir, tu peux m'envoyer un mail (dans contact) quand tu as un créneau dispo... Moi effectivement pas la dsemaine prochaine , mais plus celle d'après du 28... a très vite

Poirette 17/01/2008 21:45

Salut salut !
Merci pour tes compliments, tu fais bien sûr ce que tu veux avec mes commentaires...
Petit rectificatif, à la fin, je voulais dire "je reste optimiste", je ne sais pas pourquoi j'ai écrit l'inverse, lapsus révélateur ??
Bref, toujours est-il que si tu veux prendre un café un de ces quatre, c'est avec plaisir,c'est toujours enrichissant de confronter ses passions...
En ce moment, c'est un peu chargé, d'ailleurs pas trop le temps de m'occuper de mon blog, mais on trouvera bien un créneau !
A bientôt. Marlène

Material Girl 15/01/2008 19:31

Fanette : Oui, je pense aussi que on ne peux pas facilement les remplacer, et quand c'est le cas, comme Guesquiere, au final on achete plus du Ghesquiere que du Balenciaga, non? Moi c'est mon cas, en tout cas, avec tout l'admiration que j'ai pour Balenciaga

Anne : Oui, ou plutot si Chanel version Lagerfeld aurait autant de retentit sans l'héritage de Chanel

Poirette: N'arrete pas ta prose, c'est uen prose ériudite, ej ne m'en lasse pas, et surtout, j'apprends... Je me demande même si je ne mettrai pas ton commentaire directement en complément de mon post si tu le voulais bien... Je serai curieuse de rencontrer la poirette qui sait et connaît tant de choses, et qui surtout ressent les choses de la sorte,! Mais qui est cet extra terrestre si intéressante et hors du commun??!
et non, je n'ai pas lu cet interview, et je le regrette, et d'ailleurs je dois avouer que je ne connais pas vraiment le travail de Marc Audibet, manque de temps, lacune que je compte combler rapidement....
Mais ce que tu dis me porte à la reflexion que j'ai faite à Fanette ci-dessus : au final, je me rends compte que quand j'achete du Balenciaga ou Dior (homme attention!!), j'achete en fait du Ghesquiere et du Slimane... mais là ce sont des cas très fort, peut être un peu isolé, on a affaire a des réels talents. inversement, est ce que j'achète du Pilati, pas sur encore.... alors avec un tel constat, misons sur ces nouveaux talents, peut etre que j'ai envie que ghesquiere fasse jsute du ghesquiere (par exemple)....